La Chablatz 2018

Huit heures tapantes! Le soleil a déjà envahi le paddock depuis de nombreuses minutes. Le mercure est déjà déraisonnablement élevé. Les riders ont déposé leurs brillantes montures pour écouter attentivement les directives du chef de course perché sur un imposant pick-up. Quelques instants plus tard, un gros peloton, dépassant largement la centaine d’unités, quitte La Barboleusaz pour rejoindre le Bois du Bilioley, théâtre de la 1ère des 5 spéciales du jour.

Une route bitumée mais bien pentue en guise d’entrée pour cette seconde édition de La Chablatz. Ça chauffe déjà fort sous la casquette! Les premiers concurrents se sont déjà élancés. Je leur emboîte la roue. Un très bel enchaînement d’épingles sur le haut me donne le rythme pour la longue relance sur la piste qui suit. Ça manque un peu de puissance mais suffisamment pour atteindre la seconde partie descendante bien lancé. Alors que la nature prenait encore le dessus dans ce secteur quelques jours auparavant, l’organisation a réalisé un travail remarquable. Fauchage, taillage de tronc, remise en état du sentier ont « libéré » la trace pour le plus grand bonheur de tous les pilotes, souriants après l’effort.

La seconde liaison vers « La Forge » emprunte une crête plutôt escarpée parsemée de nombreuses racines…forte heureusement sèches. Certains se sont tout de même offerts un contact rapproché avec la terre locale. Et ce, bien avant même de déclencher les cellules de départ. Ce dernier justement propose une première partie « vertigineuse » avec 2 épingles très serrées et un dévers renversant… S’en suit un sentier bien plus rapide sur la continuité de la crête mais où il vaut mieux garder l’oeil ouvert et user du frein avec douceur. La terre ultra-sèche rendant l’adhérence plutôt aléatoire… Bien posé sur mon vélo, je signe les 2 temps « scratch » de ce début de journée. Le plein de confiance pour rallier la spéciale 3 dans le Bois de la Glaive au-dessus de Verchiez. Une longue liaison entrecoupée de 2 petits ravitos. Une bonne occasion d’échanger avec les participants et les bénévoles.

Moins de 3 minutes pour dévaler la colline dans un « flow » grisant, de nombreux mouvements de terrain, de belles lignes, que du plaisir! De quoi faire le plein de sensations pour affronter la copieuse liaison qui nous attend. A travers Panex, Huémoz, le parcours sillonne de jolis hameaux où chaque fontaine est prétexte à une pause rafraîchissante. Au terme d’un portage bien raide, la vue d’une table garnie ravit notre petit groupe. Larges gorgées et mets salés font le bonheur de nos organismes gentiment entamés. Mention spéciale pour le fromage local, un régal!

Encore quelques tours de roues, une pause bienvenue et nous voilà fin prêt à dégainer quelques watts sur « La Classique ». J’ouvre les débats avec un haut de parcours bien maîtrisé à peine perturbé par les jeux d’ombre et de lumière à travers les arbres et autres imposantes racines. Toute en glisse dans les dernières courbes et épingles, le « grip » est plutôt fuyant. J’en fais les frais à quelques encablures de l’arrivée à la sortie d’une épingle où je mords méchamment la poussière à la suite d’un beau vol. Ouïe! Je remonte sur le vélo mais retombe à nouveau et viens heurter un panneau pédestre et renverser une des cellules de chronométrage. Décidément… Encore un peu sonné, je remets droit mon guidon et récupère quelques objets égarés dans la cabriole.

Pas de gros bobos mais un peu mal « partout » et j’encaisse le coup dans la liaison qui nous ramène à La Barboleusaz malgré un ravitaillement apprécié. Petit passage au véhicule pour rincer mon oeil droit un peu « flou » et embarquement dans les mini-bus pour atteindre L’Alpe des Chaux. C’est la der’ de la journée! Les écarts doivent être plutôt serrés si bien que je range la calculette pour me concentrer au mieux sur les 4 minutes à venir. Temps estimé de cette ultime dégringolade. « Sec à moudre », le tracé offre de jolis dévers, de belles courbes et surtout un festival de racines magnifiquement bien absorbées sur par mon Orbea Rallon très amusant à piloter. Gros sprint jusqu’à la ligne d’arrivée pour ne rien céder.

Un oeil sur le chrono, je bats mes plus proches contradicteurs, ça sent plutôt bon! Une fois son pensum achevé, chaque participant reçoit alors une bière locale à la saveur autant apprécié que les trails parcourus. Magnifique convivialité entre tous les riders qui trinquent et débriefent sous un charmant couvert en pleine forêt.

Quelques heures plus tard, le « chef de cérémonie » m’appelle aux sommets des bottes de paille pour venir chercher ma pelle de vainqueur de cette Chablatz cuvée 2018. Je devance deux potes du team Cyclone, un podium qui fait donc bien plaisir. Vraiment très heureux de remporter cette course à Gryon puisque c’est sur ces terres chablaisiennes que je découvrais une pratique plus « engagée » du VTT avec les membres déjantés de la Rider Hackademy il y a bientôt 15 ans. Je dédie cette victoire à Simon, l’un de ses membres, parti bien trop vite, Ride In Peace.

Je tiens à remercier l’organisation pour son gros boulot ainsi que toute ces belles âmes qui ont entouré le comité le jour de l’événement. Une vraie réussite, chapeau! Et bravo à tous les riders, c’était costaud.

Suite à l’annulation de la regrettée Trentàl’, j’ai finalement décidé d’aller parfaire mes gammes du côté de Megève pour la MB Enduro ce dimanche.

Bon week-end et à très bientôt!

Emmanuel

© photos / Martin Steffen – Kifcat